Une
des priorités de la politique actuelle de la Sécurité
Routière
Faire
en sorte que les déplacements en ville soient plus
sûrs pour l'ensemble des usagers constitue une
des priorités de l'Etat car 2/3 des accidents
corporels ont lieu en ville.
En
1970, on dénombrait 235 109 accidents corporels provoquant
15 087 tués et 329 659 blessés. Si en 30 ans
le nombre de victimes a été divisé
par deux, l'évolution de l'accidentologie en milieu
urbain a été beaucoup plus faible dans notre
pays que dans certains pays européens comme l'Allemagne.
Or,
dans une société où le développement
des mégapoles concentre près de 80 % de la
population accordant une place privilégiée
aux transports individuels (automobile, deux roues,...),
dans une société où poids lourds, transports
collectifs, automobiles, deux-roues et piétons très
nombreux doivent partager le même espace urbain, dans
une société où tout va très
vite, où performance, rapidité et individualisme
sont de rigueur, et ne riment pas toujours avec civisme
et convivialité, la sécurité des déplacements
en ville est un enjeu de sécurité routière.
Car,
loin de générer uniquement des froissements
de tôle, la ville concentre à elle seule 2/3
des accidents corporels, 1/3 des tués et 2/3 des
blessés.
Aujourd'hui,
le cadre législatif renforcé avec la mise
en application de la SRU (Solidarité et Renouvellement
Urbain) et son volet sur les plans de déplacements
urbains donne une nouvelle opportunité pour mettre
en place une politique de déplacements sûrs.
Seul
un partage de l'espace rationnel et sécurisé
permettra de diminuer le nombre de victimes en milieu urbain.
Donner aux usagers les clés pour parvenir à
ce résultat est un en jeu de la Sécurité
routière.
2/
Les accidents en ville : une réalité sous-estimée
La
ville concentre 2/3 des accidents corporels, 1/3 des tués
et 2/3 des blessés. En effet, les accidents les plus
nombreux se produisent près du domicile, sur des
trajets connus, car quotidiens. Les Français sous-estiment
alors les risques qu'ils prennent en circulant. Or
l'habitude n'est pas gage de confort, ni de
sécurité.
Selon
l'Observatoire national interministériel de
sécurité routière (ONISR), le milieu
urbain correspond à l'ensemble des réseaux
situés à l'intérieur d'une
agglomération. Le code de la route définit
ce type de réseau comme la partie de route située
entre deux panneaux d'entrée et de fin d'agglomération,
quelle qu'en soit la taille.
Territoire
complexe, car non homogène avec une forte densité
de bureaux, commerces, écoles et habitations, la
ville est un véritable « puzzle » d'espaces
différenciés, concentrant une multitude de
déplacements et conjuguant tous les moyens de circulation
possibles et imaginables. Chaque jour, à tout moment,
poids lourds, autobus, camionnettes, automobiles, motos,
cyclomoteurs, vélos, piétons, rollers et patinettes
se rencontrent, se croisent, cohabitent ou s'ignorent.
Parce
qu'ils connaissent souvent très bien les trajets
et jugent possible de n'appliquer qu'une partie des règles
du code de la route sur un parcours habituel parce que les
déplacements en ville s'effectuent bien souvent sur
une courte distance parce que les vitesses pratiquées,
moins élevées qu'en rase campagne, paraissent
sécurisantes. Les Français sous-estiment les
risquent qu'ils peuvent prendre en circulant en ville. Or,
les chiffres de l'Observatoire national interministériel
de sécurité routière le montrent, l'amélioration
de la sécurité routière en ville est
un enjeu majeur qui concerne tous les acteurs de la ville,
usagers « caméléons »,
piétons un jour, automobilistes ou motards un autre
jour.
Des
chiffres éloquents
2
accidents sur 3 surviennent en milieu urbain. Ces mêmes
accidents provoquent un peu plus du tiers des tués
et 2/3 du nombre des blessés
Année
2001
Accidents
corporels
Tués
Blessés
Milieu
urbain
Rase campagne...
80
729
40 494
2
137
5 506
101
209
60 908
Ensemble
du réseau
121
223
7
643
162
117
Année
2002
Accidents
corporels
Tués
Blessés
Milieu
urbain
Rase campagne...
68
738
36 732
1
945
5 297
84
794
53 045
Ensemble
du réseau
105
470
7
242
137
839
Il
est intéressant de constater une baisse générale
des accidents. Les mentalités et les comportements
évoluent positivement. Les français, les plus
touchés au niveau européen par les accidents,
souhaitent désormais plus de sécurité
pour mettre fin à ce fléau ; les méthodes
de prévention sont un moyen qui s'avère efficace.
Une
concentration d'usagers plus vulnérables
Alors
que les automobilistes constituent plus des trois quarts
des tués et 79% des blessés en rase campagne,
ils représentent 41% des tués et 45% des blessés
en agglomération. Parce qu'ils ne sont pas installés
dans un véhicule qui les protège telle qu'une
voiture, les piétons, cyclistes, cyclomotoristes
et motards sont des usagers plus exposés, plus vulnérables.
-
Les piétons
Près
de 2 piétons tués sur 3 recensés par
les forces de l'ordre, le sont en milieu urbain. Ils
représentent près de 25% des tués et
17% des blessés en agglomération.
Parmi
ces usagers vulnérables, les personnes âgées
sont les premières victimes en ville. Si les 65 ans
et plus représentent 16% de la population française,
ils représentent plus de 40% de l'ensemble des piétons
tués (21,1% de l'ensemble des piétons blessés)
et plus de 50% des piétons tués en milieu
urbain (21,5% des piétons blessés en milieu
urbain).
Les
enfants de moins de 15 ans (18,8% de la population) représentent
12,4% des tués et 25,8% des blessés en milieu
urbain. Si, sur l'ensemble des enfants tués, un sur
deux l'est en tant que passager de voiture de tourisme,
un piéton tué sur 10 est un enfant et un cycliste
tué sur 8 est également un enfant.
-
Les cyclistes
Leur
vulnérabilité est indéniable : 4 571
cyclistes ont été recensés par les
forces de l'ordre comme victimes d'accidents en ville en
2001, 211 ont trouvé la mort.
Aussi, avec le regain de la pratique constaté au
cours des dernières années dans la plupart
de nos agglomérations, cette catégorie d'usagers
doit être de plus en plus prise en compte dans les
aménagements urbains.
-
Les motocyclistes et les cyclomotoristes
Ils
représentent près de 27,4% de tués
et 31% de blessés en ville recensés par les
forces de l'ordre. L'usage de deux-roues motorisés
est le seul mode de déplacement qui voit le nombre
de ses victimes en hausse.
Des
accidents plus graves dans les petites villes
Si
l'on recense le plus grand nombre d'accidents
corporels dans les agglomérations de plus de 100 000
habitants, c'est dans les villes de moins de 5 000
habitants qu'ils sont les plus graves.
Les
villes de taille moyenne, voire petites, connaissent un
trafic plus fluide, plus rapide. La quasi-absence de congestion
aux heures de pointe et la pratique d'une vitesse inadaptée
expliquent, en partie au moins, ces différences.